Viens gambader dans la colline...
C’est le point de départ, certes classique, d’un film de Wes Craven, dont le remake fait par un réalisateur français – la chose vaut la peine d’être soulignée – vient de sortir sur les écrans français. Vous l’avez deviné, je parle de La Colline a des yeux.
Attention, un avertissement préalable : sans être véritablement gore, ce film est violent. Très violent. Il est d’ailleurs interdit aux moins de 16 ans, ce qui doit être un signe fort pour vous, naïf spectateur, que certaines scènes sont vraiment insoutenables. Non, mais je préfère prévenir tout de même, on ne sait jamais. Il y a des gens impressionnables !
Je reprends...
Encore un remake donc ? Oui, encore un. Mais pour une fois, l’exercice auquel se livre le réalisateur (Alexandre Aja) porte ses fruits, et des fruits plutôt savoureux. En effet, le film respecte l’esprit de l’original ainsi que les grandes lignes du scénario, tout en apportant la vision, je dirais presque la valeur ajoutée – mais il s’agit là d’une vilaine déformation professionnelle, comme si le cinéma était une industrie ! – du réalisateur.
Alexandre Aja a tout d’abord introduit des éléments politiques qui n’étaient pas présents dans l’original. La critique de la politique nucléaire bien sûr, avec les conséquences désastreuses des essais conduits pendant des années (un peu la réponse du berger à la bergère, souvenez-vous des premières images de ce monument cinématographique qu’était Godzilla… mais je m’égare). Le réalisateur émet également une critique à peine voilée de la fascination des américains pour les armes : une image que j’ai personnellement jugée choquante est celle du jeune fils armé par son père, qui ne cache pas sa joie à la pensée de tenir un revolver entre les mains. La recherche très américaine de la famille à tout prix apparaît également dans ce film, avec ces personnages qu’au début tout oppose, mais que finalement, de manière très hollywoodienne tout de même, arrivent à se retrouver.
Un autre aspect intéressant du film réside dans l’évolution des personnages. Voici donc une famille américaine avec un patriarche doté d’une personnalité écrasante, un homme, un vrai… qui sera cependant dans les premiers à mourir. Alors que son gendre, le parfait archétype de l’intellectuel mou, saura surpasser la mort de sa femme, survivre, sauver sa fille et tuer les méchants. De même, la « blonde qui crie » (étonnante Emilie de Ravin, aux antipodes de son rôle dans Lost) survit aussi, et ça, c’est tout de même relativement rare dans les films de genre. Les personnages, très prolixes et raisonnés au début, finissent par devenir aussi violents, aussi imprévisibles et aussi monstrueux que leurs agresseurs, ne s’exprimant à la fin du film que par des cris inarticulés et des mots très simples.
Aja a enfin introduit des nouveautés scénaristiques, comme le cratère où les monstres conservent les objets sans valeur de leurs méfaits, ou le village fantôme qui leur sert de repaire. Ajouter sans dénaturer, c’est vraiment le pari qu’a fait Aja… Pari réussi dans ce cas.
Un film réussi donc, marquant dans tous les sens du terme. Une explosion de violence presque sans limite, ce qui est plutôt rare pour un film aussi largement diffusé. Un film à ne pas mettre devant tous les yeux… un film dont la passion compense largement les quelques petits défauts dans la narration et l’évolution des personnages un peu trop contrastée. Un film à voir, ne serait-ce que pour se donner envie de voir l’original, qui en son temps également, avait largement marqué les esprits.
Il y aurait beaucoup de choses à rajouter sur ce film, comme les clins d’œil appuyés à Massacre à la Tronçonneuse, les personnages légèrement différents de l’original, la musique qui sert à merveille l’intrigue… Mais là je me dois de faire court (il fait vraiment très beau dehors, je ne sais pas si vous avez remarqué !), donc un seul mot d’ordre : allez le voir.

Par Caramia, Samedi 1 Juillet 2006 à 21:59 GMT+2 dans Scary Movies ! (article, RSS)






