THE King
Cet auteur, d’une productivité assez impressionnante – il a à son actif plus d’une quarantaine de romans et un nombre incroyable de nouvelles, sans compter que la plupart de ses œuvres sont relativement volumineuse, il confesse de lui-même souffrir de « diarrhée verbale » – a littéralement baigné ma jeunesse de ses merveilleuses histoires.
Je garde un souvenir incroyable de certains de ses romans, dont Le Fléau, Ça, Les Tommyknockers, Le Talisman des Territoires… Ce qui m’enchante le plus dans son oeuvre est très certainement le fil croisé des personnages, des lieux, des situations qui décrivent une région du Maine imaginaire mais crédible. Quel plus grand bonheur que de croiser dans plusieurs romans un personnage récurrent, ou de retrouver une ville tellement bien imaginée qu’elle en devient réelle ? Sur son site officiel (très bien fait au passage, je vous le colle dans les liens du coup) on retrouve même la carte imaginaire du Maine, vue par le grand Stephen. C’est pas beau ça ?

Comme tout écrivain qui se respecte, Stephen King a ses thèmes de prédilection. L’un d’entre eux, qu’il sait traiter avec brio, est l’enfance. Dans Ça (It), des enfants affrontent l’incarnation maléfique du Croque-Mitaine, un monstre qui se nourrit de la peur des enfants et se réveille tous les 27 ans pour s’offrir un festin de chair et d’émotions. L’action se déroule à Derry, une des villes imaginées par l’auteur, que l’on retrouve également dans Insomnie, et qui est mentionnée dans Dreamcatcher, les Tommyknockers, Running Man, Simetierre, Bazaar… Ce roman est assez réaliste sur la description du monde de l’enfance, totalement invisible aux yeux des adultes. Il nous emporte au sein d’une magnifique épopée sur deux périodes, et nous présente une galerie de personnages très attachants. C’est à la fois une histoire qui fait peur, mais aussi une allégorie du passage à l’âge adulte. A lire absolument, car comme je le dis souvent, King n’est jamais aussi bon que quand il parle des enfants.
On retrouve ce thème dans un autre roman, Le Talisman des Territoires (The Talisman), co-écrit avec Peter Straub. Ce roman retrace le parcours initiatique d’un jeune garçon, Jack, qui mène une quête d’est en ouest des Etats-Unis pour sauver sa mère. Là encore, au-delà de la magnifique histoire écrite à deux mains (ce qui est tout de même relativement rare en littérature), on assiste à la métamorphose d’un enfant en adolescent. C’est beau, c’est long – il faut le dire, il y en a que ça rebute, moi cela ne me gêne pas, au contraire – bref c’est à lire absolument. Les deux auteurs ont commis une suite il n’y a pas très longtemps (Territoires), mais honnêtement, passez votre chemin, la magie a totalement disparu.
Pour revenir au thème de l’enfance, il est également présent dans de nombreuses nouvelles, dont Le Corps (The Body) qui n’est pas sans rappeler Ça, ou La petite fille qui aimait Tom Gordon. Mais Stephen King a d’autres démons, plus sombres, qui hantent son imagination. De nombreux romans mettent en effet en scène des écrivains, parfois alcooliques (The Shining), parfois non, en panne d’inspiration (Sac d’Os), parfois cherchant simplement à changer de catégorie (Misery). Il parle en connaissance de cause, puisqu’il a lui-même vécu ce genre de soucis (là, je vous renvoie au billet publié sur Ecritures, son essai). Il montre également l’importance qu’il accorde à sa famille, notamment à sa femme Tabitha, puisque très souvent, ses personnages masculins perdent l’être aimé (Bazaar, Simetierre, Dead Zone).
Mais je vous rassure, Stephen King est très imaginatif et sait toujours nous surprendre… Il est capable de tout (du meilleur… comme du pire malheureusement, témoin ses adaptations télé), et il sait avant tout nous faire peur. Avec des vampires, mon thème préféré, comme dans Salem, avec une vision désespérée et apocalyptique comme dans Le Fléau (sans doute mon roman préféré), avec des extra terrestres (Les Tommyknockers), des loups-garous (Peur Bleue), des gens normaux ou presque (Rage), mais aussi avec des contes (Les yeux du dragon) ou de la science-fiction (Running Man). Là, normalement, vous commencez à comprendre que je suis fan (bien vu, ce que vous êtes perspicaces alors).
Bref un écrivain prolifique et imaginatif, qui sait comme personne raconter une histoire. Un conteur moderne, un romancier talentueux et reconnu… Un personnage incontournable dans la littérature américaine contemporaine. Et vous savez quoi ? Bonne nouvelle ! Son nouveau roman, Lisey’s story, paraît le 24 octobre prochain aux USA (pour la France, il faudra patienter jusqu’en 2007)… C’est-y pas la bonne nouvelle de la semaine ça ?
Par Caramia, Vendredi 6 Octobre 2006 à 14:33 GMT+2 dans Les livres, des fois ça fait peur (article, RSS)







