Visage Pâle
Car ces grands noms de la littérature se sont également essayés au genre fantastique. Dans des nouvelles principalement, dont un bel exemple est un extrait des 1001 Fantômes d’Alexandre Dumas, que j’ai lu récemment, intitulé La Dame pâle.
Ce recueil de nouvelles, publié à la fin des années 1850, raconte des histoires de revenants, de morts-vivants, de damnation. Le tout à la sauce Dumas, avec un style net, précis et enlevé. La structure du recueil est particulière, construit sous la forme d’histoire à tiroirs : au cours d’un dîner, chaque convive narre une aventure ou une histoire extra-ordinaire.
Pour la Dame pâle, Dumas nous retrace l’histoire d’une femme aimée par deux frères ennemis. Bien entendu, l’histoire prend place dans les Carpates, et introduit le vampirisme. La nouvelle est relativement courte, très bien construite…et dégage une nostalgie puissante et entêtante. Elle s’inspire du mythe de Dracula, un mythe teinté de romantisme et de tristesse. Dès le début, on sait que cela finira mal, la fin tragique est inéluctable, et c’est sans doute ce qui en fait toute la beauté.
Pourquoi cette incursion dans un genre alors en perte de vitesse ? La nostalgie encore. Alexandre Dumas écrit d’ailleurs : « Je vis avec les morts beaucoup, avec les exilés un peu. J'essaie de faire revivre les sociétés éteintes, les hommes disparus, ceux-là qui sentaient l'ambre au lieu de sentir le cigare; qui se donnaient des coups d'épée au lieu de se donner des coups de poing... ». Un vibrant hommage à une époque révolue, pour un auteur qui n’a pas eu peur du mélange des genres… Puissent les écrivains contemporains s’en inspirer !
Par Caramia, Mardi 28 Novembre 2006 à 08:35 GMT+2 dans Les livres, des fois ça fait peur (article, RSS)
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