A voté !
C’est le cas pour l’excellent Vote ou Crève (Homecoming) de Joe Dante, dans la série des Masters of Horror. En effet, ce qui à la base peut n’être appréhendé que comme une banale histoire de zombies mêlée de politique américaine, prend tout son sens en pleine période électorale !
L’action se passe aux Etats-Unis, juste avant les élections présidentielles – ou plutôt avant les votes des Grands Electeurs, qui désigneront le futur président des Etats-Unis. Le président sortant fait face à une tempête médiatique soulevée par les protestations liées à sa politique extérieure… On lui reproche notamment d’avoir envoyé des soldats américains mourir en Irak… Les témoignages de mères éplorées se multiplient, lorsqu’un des conseilleurs regrette publiquement la mort de ces soldats et souhaite qu’ils puissent revenir, pour témoigner du bien-fondé de cette guerre. Cette petite phrase a priori anodine, reprise par le président sortant lors d’un discours, va déclencher le retour des soldats morts pour leur patrie, bien décidés à voter coûte que coûte !
Tout ça vous rappelle quelque chose ? C’est bien normal. Joe Dante, à qui l’on doit entre autres Hurlements et Gremlins, produit ici un violent pamphlet anti-bush, et ne s’en cache pas. Pour lui, « tout film d’horreur est politique ». Il rejoint même la théorie développée par votre serviteur (moi-même) selon laquelle les films d’horreur sont le pur reflet de leur époque. « If you ever want to see where the country is at any time, all you have to do is run the horror movies that were being made. » Et là, subitement, je me sens intelligente et visionnaire... Mais passons !
Un film politique donc, mais aussi un film de zombie plein d’humour – quelques piques jetées négligemment contre le président sortant, qui “fait croire aux idiots qu’ils sont intelligents” - et surtout un hommage appuyé aux grands films de zombie, ceux de mon cher Romero en tête. Une des scènes se déroule dans un cimetière et fait furieusement penser à la séquence d’ouverture de La Nuit des Morts Vivants (souvenez-vous : « they’re coming to get you Barbra » !!!). Une autre scène où l’on découpe très scientifiquement un zombie fait clairement référence au Jour des Morts Vivants. Et encore une fois, le mélange des genres horreur / comique se fait délicieusement bien, pour le plus grand bonheur du spectateur.
Le genre « zombie » se prête décidément bien aux propos politiques et engagés, et c’est encore plus vrai depuis Romero. Car si dans ce film, le contenu est drôle pour le spectateur européen, il est criant de vérité pour l’Américain moyen, avec des personnages plus vrais que nature : le Président certes, ses conseillers, et même la mère éplorée du début, inspirée de Cindy Sheehan, qui avait campé devant la Maison Blanche en protestation de la mort en Irak de son fils. Un film à voir absolument, ne serait-ce que pour réveiller sa fibre citoyenne ! En guise de conclusion, je dirais « N’attendez pas de devenir des zombies pour aller voter » - et là, cher spectateur ému jusqu’aux larmes, tu te dis... Que c’est beau !
Par Caramia, Vendredi 26 Janvier 2007 à 10:13 GMT+2 dans Les séries zaussi... (article, RSS)






