Un petite définition s’impose
Oui, c’est vrai quoi, ça fait quelques mois que je vous parle de cinéma fantastique, d’horreur, de gore... Sans vraiment entrer dans les détails techniques. Allez zou, quelques définitions !
Avant tout, je tiens à préciser que je me suis largement inspirée d’un essai de Philippe Rouyer : Le Cinéma Gore, une esthétique du sang. Rendons à César ce qui est à César, l’auteur tente une définition du mot gore qui me semble tout à fait acceptable.
En effet, si vous fréquentez les forums et les cercles passionnés du cinéma qui fait peur, vous vous êtes peut-être aperçus que chacun avait sa définition du terme (j’ai aussi assisté à de longs débats enflammés pour définir ce qu’est un navet, et ce qu’est un nanar – non, non, ce n’est pas la même chose – mais bon ce n’est pas le propos de cet article.) et qu’il n’y avait pas de véritable consensus dessus.
Voici donc ce qu'il nous propose...
Un film gore se caractérise par une succession de scènes abominables, et repose suertout sur des effets spéciaux (ventres et têtes qui explosent, viscères qui se répandent, et autres joyeusetés du même acabit). Le gore se refuse à toute suggestion, il expose clairement aux yeux du monde.
Le mot gore est assez ancien, il date du 12ème siècle et signifiait à l’origine saleté (en vieil anglais gor, en vieil allemand gyre) ou substance visqueuse (gor en vieil islandais), miteux, minable (goore en vieil hollandais). En 1150, le terme est employé pour désigner le sang versé sur les champs de bataille. C’est au début des années 1960 que le terme est utilisé pour désigner un genre de film, et son usage se généralise dans les années 60. Notons que depuis quelques décennies, si le terme subsiste en français, l’anglais lui préfère le terme splatters (imagé, non ?).
Un film d’horreur met le spectateur en face de phénomènes qui visent à susciter la peur ou le dégoût (je vous laisse choisir et votre camp et les divers exemples qui pourraient vous venir à l’esprit). L’horreur est donc à la frontière de plusieurs autres genres, et peut souvent se réclamer d’une interprétation toute personnelle (je connais des gens qui pensent sincèrement que Camping est un film d’horreur). Mais bon, grosso modo, vous voyez de quoi je parle...
Le film fantastique introduit lui des phénomènes incompatibles avec les lois humaines et le film de SF met en scène des interventions d’intelligences humaines ou extra-terrestres (ces deux définitions ne sont pas de moi, mais de Romer).
Philippe Rouyer distingue enfin 7 catégories, 7 élements clés d’un scénario de films d’horreur que je vous livre ici : les tueurs fous, les non-morts, les monstres créés par l’homme, les monstres extra-terrestres, les revanches de la nature, les pouvoirs de l’occulte, les métamorphoses.
En gros et pour illustrer : Michaël Myers et Freddy Krueger, le Zombie et le Vampire, Frankenstein, Alien, Godzilla, l’Exorciste et la Mouche. Pas mal hein ?
Une dernière chose... Si la définition d’un film d’horreur peut s’avérer toute personnelle, elle est aussi intimement liée à l’époque et à la société. En effet, le spectateur occidental moderne ne s’effraiera pas autant devant un Boris Karloff ou un film de fantômes chinois que devant The Descent... Tout est histoire de goût et de culture finalement. Peut-être qu’un jour, Camping sera vraiment classé dans les films d’épouvante !
Par Caramia, Mercredi 14 Fevrier 2007 à 09:14 GMT+2 dans Soyons sérieux deux secondes (article, RSS)







