CreepBlog

We don't need another hero

 Les séries TV sont décidément le dernier bastion de la créativité visuelle. Et ce n'est pas la série Heroes qui va me faire changer d'avis sur le sujet.
 

De quoi ça parle ?

Mais revenons avant tout sur le fil conducteur de la série. De nos jours, alors que le professeur indien Mohinder Suresh reprend la thèse défendue par son père récemment assassiné sur l'évolution des gènes, des jeunes gens se rendent compte qu'ils sont dotés de pouvoirs extraordinaires. Au Texas, la jeune Claire Bennett régénère si vite ses cellules qu'elle est presque immortelle. A New York, le peintre Isaac Mendez peut voir et représenter l'avenir sur ses tableaux, Peter Petrelli découvre que son frère Nathan peut voler et que lui-même absorbe les pouvoirs des gens qu'il côtoie. A Las Vegas, Nikki Sanders fait preuve d'une force surhumaine et va s'apercevoir que sa famille n'est pas en reste, et de l'autre côté de l'océan, le jeune japonais Hiro Nakamura peut courber l'espace et le temps. Alors que chacun apprivoise avec plus ou moins de bonheur son don, un danger pèse à la fois sur les personnages et sur l'humanité entière.

 

Une intrigue complexe

Heroes met en scène un grand nombre de personnages et introduit une ramification poussée dans les scénarios et les histoires - impossible de louper un épisode et de reprendre l'histoire. En cela, la série se rapproche de Lost, avec un nombre important de protagonistes dont aucun n'est plus mis en avant que les autres. Les avantages à ce fonctionnement sont nombreux : cela permet de diversifier l'histoire et de la complexifier avec des intrigues secondaires - à la manière de X-Files, la petite histoire dans la grande histoire. Le spectateur peut en outre s'identifier plus facilement aux personnages, chacun peut choisir son héros préféré. Personnellement j'aime assez le jeune et fringuant Peter Petrelli et sa mèche rebelle, même si j'ai également un faible pour Hiro, son accent « so funny » et ses mimiques nippones.

 

L'ombre du 9/11

Heroes s'inscrit clairement dans son temps. L'explosion dans New York tant redoutée par nos héros fait référence aux attentats du 11 septembre 2001 - et les multiples allusions ne manquent pas : appel à l'héroïsme, sacrifice nécessaire de quelques-uns pour sauver la masse, explosion meurtrière mais fédératrice. Jusqu'au « terroriste » Ted Sprague que l'on soupçonne d'être à l'origine du drame (remarque bien ô lecteur que je tente de ne pas dévoiler toute l'intrigue). Et n'oublions pas la version téléfilm du grand méchant, j'ai nommé Zachary Quinto, alias Saddam, euh je veux dire Sylar. Car il faut toujours un personnage à l'âme très noire, une version maléfique de la Sue Ellen de Dallas, pour faire fonctionner une bonne histoire.

 

Comic Heroes

L'inspiration très comics de la série se retrouve dans l'esthétique des images mais également dans le scénario lui-même. Les acteurs ont été choisis avec soin et leur apparence même caricature la notion de super-héros : Nathan Petrelli et sa mâchoire carrée de Superman - ça tombe bien, il vole - Claire Bennett et sa blondeur innocente, l'haïtien aux traits neutres, tous ces personnages pourraient sortir directement d'un Marvel. Et ça tombe bien, puisque la plupart sont dessinés sous forme de BD par le peintre Isaac Mendez. La réalisation s'inspire également de l'enchaînement des cases de BD, ainsi que les titres très punchy des épisodes qui s'incrustent dans les premières images. Les pouvoirs de nos héros ne sont pas sans rappeler les pouvoirs des X-Men, un comics mettant en scène des mutants : Peter Petrelli qui s'approprie les pouvoirs des autres à la manière de Malicia, Ted Sprague l'homme de feu, comme Pyro, DL Hawkins traverse les murs comme Kitty, Claire Bennett qui guérit de tout comme peut le faire Wolverine... Autant de coïncidences troublantes - pardon, cela s'appelle l'influence.

 

Buzz

Une chose est sûre : les producteurs ont bien retenu la leçon des séries qui marchent. C'est pour cela que, tout comme dans Lost, vous pourrez trouver des vrais / faux sites sur Internet faisant référence à la série : Primatech (l'usine où travaille de père de Claire) ou le site de la campagne électorale de Nathan Petrelli. Comme dans X-Files, un leitmotiv traverse les épisodes « Save the chearleader, save the world », en référence à la théorie de l'effet papillon : changer une toute petite chose peut avoir des effets gigantesques (théorie très résumée et je m'en excuse).

 

Bon, alors quoi ?

Ben alors on peut le dire, Heroes déchire un peu quand même. Il y a bien quelques imperfections - je pense notamment à quelques incohérences mineures dans l'histoire, quelques temps morts. Mais il est bien difficile de ne pas se prendre au jeu du suspense assez machiavélique et à l'univers coloré et chamarré de Heroes. J'attends la saison 2 avec impatience, en espérant que la grève des scénaristes de Hollywood ne va pas me mettre au supplice...

Heroes

Sur CreepBlog : Les séries citées dans la chronique : Lost, X-Files, Buffy

Sur le Ouebe : le site de Primatech, le site de Petrelli, le site officiel de la série


Vos commentaires

1 Le Mercredi 7 Novembre 2007 à 18:34 GMT+2, par tornade

Moi aussi j'attends avec impatience la saison 2.
Et puis j'adore Hiro ( mais je te l'avais dit).
Bref c'est une série bien sympathique ( qui je pense a été massacrée par tf1, une fois de plus).

2 Le Jeudi 8 Novembre 2007 à 09:05 GMT+2, par Caramia

Ah comme je l'ai vue en DVD, je n'ai pas souffert de la politique débile de TF1 ;-)

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