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Dupontel a trop regardé l'inspecteur Harry

 

Oui, bon, dit comme ça on ne voit pas trop le rapport avec la choucroute et en plus c'est pas très gentil. C'est pourtant ce que je me suis répété pendant Chrysalis, un film français à mi-chemin entre le polar et la SF.

On commence par le début...

Donc c'est l'histoire d'un flic, David Hoffman (joué par Dupontel donc) qui perd sa femme lors d'une enquête : elle est assassinée par l'homme qu'ils poursuivaient (oui, elle aussi était flic), Nikolov. Quelques mois plus tard, il reprend du service puisque apparemment le trafiquant a refait surface : flanqué d'une nouvelle partenaire, Marie, son enquête le plonge dans un univers déroutant où les gens perdent la mémoire. Il finit par suivre une piste qui le mène à la clinique du professeur Brügen, jouée par Marthe Keller, dont la fille (Mélanie Thierry) se remet d'un grave accident de voiture.

La foire aux clichés

Ah oui, des clichés, il y en a toute une floraison ! Je passe sur le scénario, pas très original. Mais je ne peux pas ne pas signaler le super-inspecteur Hoffman - Dupontel a beau être un très bon acteur, je le trouve à la limite du ridicule dans son rôle d'inspecteur maussade et taciturne qui a perdu sa femme et qui ne s'en remet pas, renâclant à travailler avec une nouvelle partenaire. Et le personnage trouble du docteur Brügen n'est pas en reste : pensez donc, un savant maléfique et allemand, comme c'est original. Et que dire du personnage joué par Estelle Lefébure, l'infirmière Clara dont les motivations sont incompréhensibles.

Chrysalis puise allègrement dans le patrimoine d'autres films - les scènes des écarteurs font irrémédiablement penser à l'Orange mécanique de Kubrick, le panache en moins, l'ensemble louche vers Matrix et son univers en faux-semblants, le désir de vengeance du héros est vu et revu, bref ça sent un peu le réchauffé.

Et puis ça finit par faire mal aux yeux

Je vous préviens, ça manque un peu de couleur. Le réalisateur a pris le parti de filmer dans les tons très sombres l'intrigue policière entre Hoffman et Nikolov, et par contraste dans les couleurs blanches, à la limite de l'aveuglement, l'univers hospitalier dans lequel évoluent le professeur et sa fille, pour finir dans un mélange grisâtre. Le tout aurait pu être intéressant mais finalement cela fait un peu trop scolaire : le noir qui fait référence au mal, le blanc a priori pur, et finalement le gris parce que les apparences sont trompeuses. Une image trop manichéenne, une réalisation un peu maladroite - je pense notamment aux (trop) longues scènes de combat et à une poursuite bizarrement filmée d'en haut - conduisent à presque haut le cœur.

 

Je me méfie toujours un peu des films français d'horreur ou fantastiques - mis à part l'excellent Ils ou les films de Aja, je suis déçue. Et Chrysalis n'a pas dérogé à la règle. Sceptique je suis entrée, convaincue je suis sortie : la SF n'est pas un genre facile à manier.

 

  

Chrysalis - 2007

Réalisé par Julien Leclercq

Avec Albert Dupontel, Marthe Keller, Mélanie Thierry, Marie Guillard, Estelle Lefébure

Scénario de Julien Leclercq, Franck Philippon, Nicolas Peufaillit, Aude Py


Sur CreepBlog : Ils, La colline a des yeux et Haute Tension, du bon film français

Sur le web : le site officiel du film


 

Vos commentaires

1 Le Mardi 20 Novembre 2007 à 18:45 GMT+2, par Vance

Ah mince alors, j'ai failli y aller.

2 Le Mercredi 21 Novembre 2007 à 14:29 GMT+2, par Caramia

Vance : non, ne me remercie pas ;-)

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